46 – Paul Veyne over Palmyra als cultureel patchwork

‘Palmyre ne ressemblait à aucune autre cité de l’Empire. Que son art soit primitiviste, oriental, hybride ou hellénisant, que ses temples aient ou non des fenêtres, que ses notables portent un vêtement grec ou arabe, qu’on y parle l’araméen, l’arabe, le grec et même, dans les grandes occasions, le latin, on sent souffler sur Palmyre un frisson de liberté, de non-conformisme, de ‘multiculturalisme’. Le lecteur s’en souvient, tout est venu se mêler à Palmyre, Aram, Arabie, Perse, Syrie, hellénisme, Orient, Occident. Et pourtant, comme aussi sa voisine Émèse, elle est toujours restée elle-même, ni hellénisée, ni romanisée en sa multiplicité.

Loin d’aboutir à l’universelle uniformité, tout patchwork culturel, avec sa diversité, ouvre la voie à l’inventivité. (…)

Oui, décidément, ne connaître, ne vouloir connaître qu’une seule culture, la sienne, c’est se condamner à vivre sous un éteignoir.’

– Paul Veyne, Palmyre. L’irremplaçable trésor, Éditions du Seuil, Paris, 2016, p. 141 en 143. Ook in het Nederlands verkrijgbaar in een vertaling van Rokus Hofstede: Palmyra
De onvervangbare schat, Athenaeum, Amsterdam, 2016.